L’eau dans le monde

Des progrès spectaculaires, mais encore incomplets

Au début du siècle, les dirigeants mondiaux se sont réunis aux Nations Unies et se sont accordés sur une vision audacieuse du futur à travers la Déclaration du Millénaire. Les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) constituaient un engagement pour soutenir les principes de la dignité humaine, de l’égalité et de l’équité, et libérer le monde de l’extrême pauvreté.

Parmi ces objectifs, l’accès à l’eau potable a été l’une des grandes réussites des OMD.

Environ 2,3 milliards de personnes ont pu obtenir un accès à des sources améliorées d’eau potable entre 1990 et 2010. La cible de l’Objectif du Millénaire pour le développement consistant à faire baisser de moitié le pourcentage de la population mondiale privée d’accès à l’eau potable a donc été atteinte cinq ans avant la date butoir de 2015.

Cependant, en 2025, plus de deux milliards de personnes, soit environ une personne sur quatre dans le monde, n’ont toujours pas accès à une eau potable gérée en toute sécurité. Parmi elles, 106 millions de personnes continuent même de puiser leur eau directement dans des sources de surface non traitées (rivières, lacs, etc.).

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En 2015, trois pays seulement – le Mozambique, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et la République démocratique du Congo – comptaient encore plus de la moitié de leur population sans accès à des sources améliorées d’eau potable. Aujourd’hui, la situation s’est améliorée dans de nombreux pays, mais des écarts majeurs subsistent, en particulier en Afrique subsaharienne et dans les zones rurales isolées.
(Sources améliorées = où les hommes et les animaux ne partagent pas la même eau)

Mais de grandes inégalités géographiques, socioculturelles et économiques demeurent. En Afrique subsaharienne, la proportion de personnes ayant accès à une source d’eau potable améliorée a continué d’augmenter depuis 1990, en dépit d’une forte croissance démographique.

L’eau reste toutefois inaccessible à de nombreux foyers, et beaucoup de personnes, généralement des femmes ou des jeunes filles, doivent encore supporter de longues files d’attente ou parcourir de longues distances pour atteindre une source d’eau potable sûre.

Assainissement : des progrès beaucoup plus lents

Entre 1990 et 2012, la proportion de personnes ayant à leur disposition un système d’assainissement amélioré est passée de 24% à 30%. La proportion élevée d’habitants de taudis en Afrique subsaharienne n’a reculé que légèrement — de 65% en 2000 à 62% en 2012.

Aujourd’hui, la situation s’est quelque peu améliorée, mais les progrès restent insuffisants par rapport aux objectifs de l’ODD 6. En 2025, 3,4 milliards de personnes ne disposent toujours pas d’installations sanitaires gérées de manière sûre, et 1,7 milliard n’ont pas accès à des services d’hygiène de base à leur domicile.

Selon le Dr Maria Neira, directrice du Département Santé publique, déterminants sociaux et environnementaux de la santé de l’OMS, « les personnes qui n’ont pas accès à des installations d’assainissement améliorées sont, dans leur immense majorité, des pauvres qui vivent en milieu rural. Lorsque l’assainissement en milieu rural a progressé, ce sont principalement les gens aisés qui en ont bénéficié, ce qui a creusé les inégalités ».

Les personnes qui vivent dans des habitats pauvres, informels ou illégaux, ou à la périphérie des grandes ou des petites agglomérations, ont toujours moins de chances que les autres de bénéficier d’un approvisionnement en eau ou de moyens d’assainissement améliorés.

Le défaut d’assainissement et la contamination de l’eau restent des facteurs majeurs de transmission de maladies telles que le choléra, la diarrhée, la dysenterie, l’hépatite A et la fièvre typhoïde. En outre, l’insuffisance ou l’absence d’approvisionnement en eau et de services d’assainissement dans les établissements de santé créent un risque supplémentaire d’infection ou de maladie pour les patients déjà vulnérables.

Les enfants sont les plus touchés

L’absence d’eau potable est une réalité tragique pour des millions d’enfants dans les pays en développement, qui voient leur santé et leur qualité de vie gravement diminuées. Chaque année, des centaines de milliers d’enfants de moins de cinq ans meurent toujours de maladies liées à une eau insalubre, à un assainissement inadéquat et à un manque d’hygiène.

Bien que le nombre de décès ait diminué par rapport aux années 2010, ces maladies restent l’une des principales causes de mortalité infantile dans les pays les plus pauvres.

L’accès universel à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène pourrait réduire de manière significative le nombre de décès d’enfants et améliorer durablement leur santé.

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L’éducation aussi est affectée

Le manque d’eau salubre et d’assainissements appropriés a d’autres répercussions néfastes sur les enfants.
Dans de nombreux pays en développement, une part importante des écoles primaires n’a toujours pas d’installations pour l’eau potable et beaucoup ne disposent pas d’infrastructures d’assainissement adéquates. Aussi, des millions d’enfants, et plus particulièrement les filles, ne peuvent pas suivre une scolarité normale, en raison des risques sanitaires et de l’absence de toilettes séparées convenables.

Chaque année, des centaines de millions de jours d’école sont encore perdus en raison d’assainissements insuffisants, de maladies et du manque d’hygiène. L’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud présentent toujours le taux de fréquentation scolaire le plus bas et abritent le plus grand nombre de filles non scolarisées à cause de l’absence de toilettes séparées adaptées.